PARCOURS D’EXIL

Lors du comité de fondation du 22 novembre 2016, une somme de 10 000 € a été versée à Parcours d’exil, une association située à Paris qui propose soins et soutien aux personnes ayant subi des tortures et des violences, notamment les jeunes migrants.

Cette somme correspond à la moitié des dépenses quotidiennes (alimentation, habillement, fournitures scolaires, activités de loisir) sur une année pour cinq jeunes hébergés et pris en charge par l’association. Il s’agit de jeunes arrivés seuls en France, principalement d’Afrique, dont le statut de mineur n’a pas été reconnu et qui sont de ce fait écartés du système de protection de l’enfance, littéralement laissés à l’abandon. Ayant connu la dureté de la séparation d’avec leur famille, des violences dans leur pays pour plusieurs et le long des chemins suivis, ils se sont retrouvés en plein hiver à devoir survivre dans les rues de Paris. 

Mardi 4 juillet 2017. Accompagné de Jérôme, un des responsables de l’association en charge de ce projet, je rends visite aux quatre jeunes actuellement hébergés dans les deux appartements, un studio et un T2, situés à quelques minutes à pied du siège de l’association, près de la place de la République. 

Les jeunes actuellement présents sont tous les quatre originaires d’Afrique : deux de Guinée Conakry, un du Cameroun, un du Mali. Tous les quatre s’expriment en français et suivent des cours afin d’être plus à l’aise pour lire et écrire. Ils s’initient également à l’informatique et à internet. Ils reçoivent l’aide d’une juriste pour déposer un recours, et ainsi faire valoir leurs droits au titre d’enfants et accéder aux institutions d’État leur permettant d’être logé, de se former, de disposer de ressources de base.

L’un d’eux a effectué récemment un stage en cuisine dans un restaurant, le patron est satisfait de lui et veut l’embaucher, il attend son titre de séjour. Un autre, qui a 16 ans, et qui n’avait aucun papier à montrer aux organismes en charge d’instruire les dossiers, s’est vu dénié tout droit, il est dans l’attente d’une décision du juge pour enfants. Le troisième va entrer au collège, en septembre prochain, dans une classe lui permettant d’acquérir les bases pour accéder à un parcours scolaire normal. Le quatrième n’a pas de perspective claire pour l’instant. Outre des cours de français et de bureautique dans le cadre de l’association, chacun d’eux participe à des activités culturelles et sportives lui permettant de se lier à d’autres, d’apprendre la vie en France, de construire sa propre vie. 

Les deux appartements, loués à un organisme social (600 € toutes charges comprises le studio, 1000 € le T2), sont agréables, fonctionnels, calmes. Les jeunes achètent leur nourriture au moyen de tickets restaurant et d’un pécule et se font à manger eux-mêmes. Chacun d’eux a personnalisé sa chambre ou son coin de chambre, avec quelques photos, quelques objets, un drapeau français. Ils sont accompagnés par un membre de l’association, recruté à cet effet comme salarié, qui a lui-même connu un parcours d’exil semblable au leur et qui leur rend visite chaque jour.