LA GAMELLE DE JAURÈS


Lors du comité de fondation de septembre 2018, une somme de 3 000 € a été allouée à La gamelle de Jaurès. Cette somme est destinée à des hébergements d’urgence pendant les mois d’hiver, principalement pour les adolescents migrants sans autre solution que la rue. Ces hébergements ont lieu dans des hôtels acceptant de réduire leurs tarifs
 à 35 € pour une chambre simple, 55 € pour une chambre double.

 

 

La gamelle de Jaurès est une association dont l’action se tient à proximité de la porte de la Chapelle, à Paris. Elle est constituée de 300 bénévoles environ, qui distribuent des repas chauds deux soirs par semaine aux migrants sans logement et sans ressources qui sont des centaines dans ce secteur. Outre la distribution de repas, les bénévoles s’efforcent de trouver des solutions de logement aux migrants les plus vulnérables, en particulier adolescents et femmes avec enfants, pendant les mois d’hiver. Ils le font en lien avec une autre association, la Timmy, branche du CPSE (collectif parisien de soutien aux exilés) en charge des mineurs. Cette association sollicite les particuliers de bonne volonté pour qu’ils hébergent une ou plusieurs nuits, ou plus durablement, ces ados en galère. À défaut, ils ont recours à des nuits d’hôtel. Mais des jeunes en trop grand nombre restent sans autre solution que les squares ou d’éventuels squats. Les bénévoles de la Timmy accompagnent également les jeunes dans leurs démarches de tous ordres, leur proposent des activités culturelles et sportives, en un mot s’efforcent de leur redonner une existence normale.

 

Des textes de bénévoles de Timmy postés sur Facebook suffisent à faire comprendre la violence subie par ces jeunes, l’importance de témoigner de bienveillance à leur égard, le degré d’urgence à les aider de façon concrète.

Un jour comme les autres hélas. Jeunes qui viennent d’arriver, jeunes laissés dehors par des centres surchargés et en petit nombre,  jeunes sortis de l’hôtel où ils étaient hébergés, jeunes que des particuliers ne peuvent plus loger. Certains attendent un lit depuis depuis des jours, des semaines, ils sont au bord de craquer, s’isolent de plus en plus, disparaissent, s’abîment, on le sent, on le sait, chaque soir, et on est impuissantes. Parce qu’on a rempli les places des hôtels, posé des matelas par terre dans des chambres minuscules, parce qu’on harcèle les bonnes volontés qu’on a peur de perdre à force.

Trop de jeunes, pas assez de sous. Alors on commence par aller se réchauffer au Mac Do, tous ensemble, ils sont 13 à partager le fast food ce soir-là, ils étaient 10 la veille. On emmènera les plus jeunes à l’hôtel, on va chercher des couvertures pour les autres. Il est minuit passé, on se sépare des derniers en leur indiquant un square, avec des mots de soutien, le ventre moins vide, et des couvertures en main. Rentrer chez soi au chaud et les savoir dehors, allongés sur un banc ou à même le sol, dans dans le froid, avec la peur, cramponnés à leur sac de couchage, nous rend malades. ILS SONT TOUS ADORABLES, TOUS JEUNES, TOUS VULNÉRABLES, ET TOUS ANGOISSÉS À L’IDÉE DE DORMIR DANS LA RUE. QUI NE LE SERAIT PAS ?