Vendredi 3 décembre 2004. Il reste encore des séropositifs contaminés dans les années 80, beaucoup sont morts depuis, pourtant il en reste quelques-uns qui ont réussi pour l’instant leur chemin de croix. Je les appelle les dinosaures, les rescapés du sida. Je suis moi-même un dinosaure en voie de disparition par rapport aux nouveaux cas qui arrivent chaque jour. En Afrique, ils meurent tous de tout car ils n’ont pas à manger ni à boire, ni de l’hygiène, ni de médicaments. Là-bas, ils meurent tous les jours à cause de multiples accidents, mais la première cause est qu’ils ne sont pas chefs de leur propre destin sur terre, car personne ne respecte leur droit naturel et culturel qui leur est propre. On dirait que ce peuple-là est né pour servir et pour être asservi à vie par d’autres hommes malhonnêtes. Que font les hommes politiques ou les rois et princesses africains, ils ne s’occupent donc pas de leurs peuples ? N’ont-ils pas envie de faire bouger les choses dans le sens de la libération de leurs peuples africains ? C’est le continent le plus grand et qui est le plus séparé de frontières car chaque pays africain garde sauvagement ses territoires rien que pour lui seul ou ses amis-es.

Le peuple africain a été trop souvent pris pour des animaux domestiques, cette forme d’esclavage est encore restée comme ancrée dans le cerveau des Africains, ils mourront encore beaucoup comme toujours parce qu’ils sont un peuple de perdants, ils ne cherchent pas à devenir maîtres de leurs vies, ils attendent que certaines personnes blanches parlent à leur place, sans pour cela prendre la parole et dire ce qui ne va pas dans ce pays, l’Afrique. Au lieu de se battre entre Noirs du même pays, ils devraient retourner les armes contre les gouvernements des pays colonisateurs. Tous ces pays colonisateurs jouent un rôle fondamental encore aujourd’hui en Afrique, même si beaucoup se défendent en disant qu’ils sont devenus des pays alliés ou de commerce, tout cela sert à endormir chacun de nous afin qu’on continue à les laisser faire sans réagir. Les Africains ne seront jamais libérés de l’oppression du monde entier, ils ne sont pas de taille face aux grandes puissances des Blancs. Ils n’ont même pas la base, c’est-à-dire la volonté de mourir pour leur libération et le droit de reprendre aux Blancs tout ce qu’ils ont pris ou volé dans leurs pays. Les Noirs sont les derniers vestiges de ce continent appelé Afrique. Enfin, nous sommes tous coupables aujourd’hui si les Africains sont ainsi car nos aïeuls ont tout fait pour les asservir afin que les Africains pensent et croient qu’ils sont nés pour servir l’homme blanc.
Il est temps que les Noirs reprennent leurs droits d’hommes libres, ils doivent trouver par eux-mêmes avec l’aide de Dieu la force nécessaire pour faire front au Monstre babylonien. Nous, Noirs de Babylone arrachés à notre terre patrie, devons aider nos frères à se libérer de cette oppression qu’on a fini par accepter. Nous les Noirs occidentalisés, à nous d’apporter gratuitement nos connaissances à notre ancienne nation sans chercher à assouvir qui que ce soit. Nous avons la chance d’aller dans de grandes écoles et d’apprendre à devenir des hommes d’affaire, pourquoi ne pas investir dans ce pays-là sous la forme la plus noble qui soit donnée pour un être humain : la vie, l’amour, le travail, la prospérité pour le peuple africain. Martin Luther King et Marcus Garvey voulurent ramener en Afrique les Noirs éparpillés de par le monde afin de reprendre nos droits d’Africains, ils ont été assassinés tous les deux [Marcus Garvey n’a pas été assassiné] par des sales Blancs qui savaient ce qu’ils faisaient en éliminant les leaders de la libération africaine.
J’aurais tendance à penser que nous sommes tous des criminels et qu’il n’y a rien à faire contre ces grandes multinationales. Il y a quelque chose à faire, mais il ne faut pas chercher à se récompenser personnellement car cela reviendrait à refaire ce que le Babylone a fait auparavant envers le peuple africain. Réveillons-nous, Occidentaux noirs ou blancs et allons aider directement nos frères de race.
Dimanche 10 janvier 2010 à 9H47. Combien y a-t-il de chances de ne pas mourir du cancer ? Je me demandais plus jeune à quel âge je mourrais. Est-ce que j’atteindrai les 50 ans, les 60 ans ? J’ai que 41 ans, c’est encore trop jeune pour mourir. Vouloir vivre quand on est malade n’est-il pas une sorte de suicide endurant ? Qu’est-ce qui nous fait tant peur dans la mort ? Et si la mort c’était le paradis ? Que devient-on une fois mort ? Est-ce que la mort fait mal ? J’ai beaucoup de questions qui resteront probablement sans réponses avant le jour fatidique.
Je pense que la mort c’est une deuxième vie, qu’après le passage de la vie à la mort on commence un autre voyage, une autre existence. Enfin c’est ce que j’aimerais qu’il se passe. J’ignore totalement ce qu’il y a après la mort. Ce sont des trop grands secrets que Dieu ne veut pas nous communiquer. Sans doute par peur que tout le monde se suicide. La mort ne peut pas être pire que la vie ! Car en vie, tu dois toujours te battre pour ce que tu désires. Dans la mort, tu n’as plus besoin de ces choses qui nous retiennent prisonniers de nous-mêmes.
[Autoportrait, février 2010]
Mardi 7 décembre 2004. Je suis allé voir la psy Mme M, avec qui j’ai parlé des anges et des missions qu’on devait nous humains faire pour accéder à notre idéal. Je ne saurais dire si elle m’a pris pour un fou, mais peu importe tant que j’y crois moi. Je lui ai dit que si nous souffrions, c’est parce que nous n’avions pas encore réussi à vaincre le mal qui se trouve en nous, car la solution se trouve dans notre vie de tous les jours.

Je pense aujourd’hui que si je suis malade, il ne faut pas le prendre comme une fatalité mais plutôt comme une épreuve à réussir. Je pense que je ne dois pas penser que ma maladie est une punition du Divin mais au contraire comme un moyen de trouver Dieu pour de bon. Que sans cette épreuve, mon âme ne pourrait trouver le chemin du salut et de la paix.
Tout être vivant doit subir des changements qui nous dérangent pour accéder à un autre niveau de vie différent que le niveau sur terre. Bizarrement, je me préoccupe plus de mon âme que de ma vie sur terre, je reste persuadé que tous deux restent des alliés inséparables. Il y a le corps et l’esprit et aussi l’âme. L’esprit commande le corps, tandis que l’âme est la gardienne de l’esprit. Si le corps possède un esprit mauvais, l’âme sera tourmentée jusqu’à temps que le corps revive et que l’esprit soit bon et que l’âme accède au niveau suivant. Cela peut prendre beaucoup de siècles avant qu’une âme obtienne la permission d’accéder plus haut dans la lumière des hautes sphères. Je suis plus que jamais à la recherche de la sagesse sur terre, je sais sans en être certain qu’il y a d’autres gens qui sont comme moi, à la recherche de la sagesse, le tout c’est de les rencontrer. Mais au fait pourquoi les rencontrer ? Peut-être est-il préférable de ne pas en rencontrer car cela ne servirait à rien qu’on se rencontre. Peut-être que dans chaque peuple il y a vingt personnes prédestinées à rechercher la sagesse et qu’elles ont pour mission de ne jamais se rencontrer entre elles. Que la mission consiste peut-être à ne pas se rencontrer entre nous et qu’on doit agir chacun de notre côté pour convertir le maximum d’âmes. Peut-être aussi que je suis complètement fou de penser tel que je pense, peut-être que tout cela n’est que dans ma tête de ouf.
Pourtant, je suis certain qu’il y a une vie après la mort du corps, que cela continue par la vie de l’esprit, si la vie de l’homme a été productrice. Il faut réussir à nourrir son esprit afin que le corps soit pur et que l’âme puisse s’envoler vers le haut. Si au contraire l’esprit est perfide, le corps ne sera jamais au repos et son âme devra retourner sur terre pour repasser le test. Très peu de gens se souviennent de leurs anciennes vies, ceux qui prétendent le contraire sont soit des gens très avisés ou alors très menteurs du genre mytho. Moi, personnellement je ne me souviens de rien de mes anciennes vies.
Tu scrutes la paume de tes mains
En cherchant un sens à ta vie
Tu cherches mais tu n’y vois rien
Des choses ressurgissent de l’oubli
Ta tête et ton cœur n’en peuvent plus
Des pensées embrouillent ton esprit
Dans ton cœur la peine se lit
Mais ton âme ne s’est pas encore rendue
Elle se refuse d’abandonner
Et se bat même enchaînée
La douleur t’a écœuré
Tu l’as trop souvent acceptée
Tu t’en es fait une prison de sang
L’extrême de tes sentiments
Les craintes sont devenues des phobies
Les blessures s’approfondissent
Les larmes n’effaceront pas ce qui est sali
Entends les ombres qui rugissent
Mais tu refuses d’abandonner
Et te bats même enchaîné
Ton cœur a tout sacrifié
Prêt à tout endurer
Ton esprit médite en silence
Sur ce qui n’a plus de sens
La lumière brûle tes yeux
Tu aimerais être deux
Je sais ce que tu dois éprouver
Tu espères te réveiller
Mais cela n’arrive pas
Et ça n’en finit pas
Interdis-toi d’abandonner
Tu ne dois pas vivre dans le passé
Ne scrute pas la paume de tes mains
En cherchant un sens à ta vie
L’avenir est dans ses yeux
C’est à toi de l’écrire
C’est elle qui t’inspire
Quand je fume de la ganja
Mon esprit s’éveille et me rappelle
Qu’au fond de moi un être devient rebelle
Ma place je le sais d’un message spirituel
N’est pas au milieu des gazelles
Mais auprès du Lion qu’en penses tu
Tout ce qu’on veut
C’est danser sur la musique de Jah
Tout ce qu’on veut
C’est chanter sur la musique de Jah
Tout ce qu’on veut
C’est vivre en fumant de la ganja
Que veux-tu que je te dise
À part ce que tu sais déjà
Ce savoir est une arme
En lequel il faut croire
Le combat sera dur car on me dit libre
Mais la misère est ma chaîne
Ô Jah où peut-on encore trouver la lumière
Dans cette jungle urbaine
La paix des peuples
Les rastas ne veulent que ça
Toute cette violence
Les rastas n’en veulent pas
Tout ce qu’on veut
C’est vivre et fumer de la ganja
Tout ce qu’on veut
C’est danser sur la musique de Jah
Tout ce qu’on veut
C’est chanter sur la musique de Jah
Tout ce qu’on veut
C’est vivre en fumant de la ganja

Je veux voir cette prophétie
Du rastaman qui dit
Babylone ton trône va s’effondrer
Et je danserai toute la nuit avec vous
Mais mes pieds sont mon seul véhicule
Alors je dois aller de l’avant mais quel chemin prendre
Mais que veux-tu que je te dise
À part ce que tu sais déjà
Si tu ne soldes pas la croyance que tu as pour Jah
Il t’ouvrira les portes de Zion
Si Babylone ne s’y oppose pas
Tout ce qu’on veut c’est vivre en fumant de la ganja
[Posté mercredi 24 décembre 2008, 19H40] Je suis sûr que si on avait plutôt écrit en premier : FRATERNITÉ-ÉGALITÉ-LIBERTÉ, il y aurait beaucoup moins d’égoïsme dans ce pays de faux culs.
Je fais partie des personnes qui passent depuis toujours leurs Noël et jour de l’an seuls, tout seuls. Moi à Noël, j’ai toujours le cafard, je me sens plus triste à mourir que jamais, mais je ne suis pas le seul à vivre cette solitude, oui nous sommes plusieurs millions en France à le passer tout seuls sans que personne n’y prête attention. Oui j’en souffre terriblement, mais comme tous ceux et celles qui le passent seuls également.
Noël n’est pas égalitaire dans ce pays, la France ! Tu fêtes Noël si tu as une famille. Tu fêtes Noël si tu as des enfants. Tu fêtes Noël si tu as des amis sincères autour de toi. Mais si tu n’as rien de tout cela, as-tu le droit de fêter Noël ? Apparemment non, tu n’as pas le droit de fêter la naissance de Jésus !
Combien y a-t-il de croyants qui vont penser aux personnes seules ce soir ? Combien y a-t-il de croyants ce soir qui ne vont pas prêter attention à ceux qui vivent dehors dans le froid et qui n’ont personne à côté d’eux pour leur dire : joyeux Noël mon pote ! Combien de croyants vont se remplir la panse sans en donner à ceux qui n’ont rien ?
Liberté-égalité-fraternité : si tu as du blé. Et si tu n’as pas de blé, alors bah tu peux crever tout seul, personne ne viendra te dire : joyeux Noël mon pote ! Et si tu n’as pas de famille, personne ne dira : joyeux Noël mon pote ! Et si tu n’as pas d’enfants, tu n’as pas la joie d’offrir des cadeaux à tes petits ! Et si tu n’as pas de chérie ou de chéri, tu ne peux pas dire : joyeux Noël mon amour !
Okay, okay, je sais à qui je vais dire Joyeux Noël ce soir. Je dis Joyeux Noël tout d’abord à Jah qui est le père de tous les hommes. Je dis Joyeux Noël à ceux et celles qui se sentent trop seuls dans leur vie et qui le sont également dans leur cœur. À vous tous et toutes je vous dis et je vous souhaite un très bon et doux Noël. Ne vous découragez pas mes amis, car les premiers seront les derniers dans le royaume de JAH. Ceux qui se goinfrent là ce soir sans penser aux autres qui n’ont rien n’obtiendront que les fruits de leur mépris. T’inquiète pas, de toute façon Noël c’est pour les enfants, les petits-enfants, alors réjouis-toi car tu es l’enfant de Jah, il ne t’oubliera point.
À tous ceux et celles qui n’ont pas reçu de cadeau, à tous ceux et celles qui ne peuvent pas en faire, que JAH vous bénisse 1 000 fois. Changeons les sales mentalités qui sont en France, redevenons tous fraternels.
JAH GUIDANCE POUR L’ANNÉE 2009 !
[Posté lundi 11 août 2008, 00H31] Une amie à moi que j’aime bien et que je respecte m’a demandé ces jours-ci pourquoi je ne mettais pas de photo de mon île. Cette amie parlait de la Martinique. En fait mes réelles origines sont africaines, et non pas martiniquaises ou antillaises. Je ne suis pas Martiniquais, même si j’y ai vécu pendant quelques années parce que mes parents y habitent. D’abord, je suis né en France, mon père est Africain, ma mère est Japonaise, et j’ai vécu un peu partout. Je suis donc africain d’origine, et même si j’étais né en Chine je serais quand même africain, du moment que mon père est noir je ne me pose pas la question de savoir où moi je suis né, ma peau est noire alors je suis africain.

Je pense que cette amie n’a pas bien regardé mes blogs, car il y a pas mal de photos de la Martinique quand même. Des photos de plages, des photos de la nature, des photos de ce qui moi me semble important sur l’instant. Sur mes photos, tu ne vas pas voir de trop près Babylon, ses villes ne sont pas assez belles pour que je les prenne en photo. Et puis Babylon me saoule, elle n’est que trop présente dans ma vie de tous les jours ! Babylon la grande est partout sur la planète. Babylon la grande dévore tout sur son passage. Babylon la grande déteste qu’on lui résiste. Babylon la grande est le plus grand danger pour l’humanité tout entière. Mais Babylon la grande le sait, elle veut nous rendre tous esclaves d’elle-même pour mieux nous contrôler.
Mais en face de Babylon la grande, il y a des petites tribus qui résistent, qui se battent pour que Babylon la grande ne puisse pas tout manger, tout détruire comme à sa fâcheuse habitude. Babylon a fait beaucoup de mal sur terre. Babylon la grande a cherché à nous diviser pour mieux régner en totale maîtresse du monde. Babylon la grande a trouvé le moyen de disperser des populations entières ailleurs pour en faire des esclaves à vie. Le problème mes amies/amis, c’est qu’on veut nous faire croire qu’on est libres, mais personne n’est libre. Car la grande Babylon te donne, oui, pour mieux avoir la mainmise sur ta vie.
Babylone voudrait se comparer à JAH, mais JAH qui peut l’égaler ? Babylon veut jouer à JAH. JAH veille sur nous, JAH nous console, JAH nous soutient, JAH nous témoigne son amour ! Mais que fait Babylon ? À part nous faire chier, à part nous prendre notre argent pour l’investir dans des armements tuant nos frères et sœurs humains. Que fait Babylon ? À part créer un monde d’esclaves et de souffrance.
Babylon ne peut pas être comme JAH, elle n’a pas son pardon, Babylon ne te pardonne pas tes erreurs passées. Avec JAH, tu peux te repentir au moins une fois pour chaque faute, à condition que ce ne soit pas répétitif. Avec Babylon, tu fais une seule erreur dans ta vie, et elle ne te lâche plus la pute.
Babylon nous pousse à avoir des préjugés sur nos frères et sœurs. Babylon nous pousse à ce que certains soient racistes envers la même race que la leur, c’est-à-dire la race humaine. Babylon nous pousse à ce qu’on devienne des criminels tous et toutes. Babylon nous pousse vers et dans des vies qu’on ne veut pas vivre, tout est monde de mensonges dans Babylon.

Babylon la grande n’a pas de bonnes graines, elle n’engendre que des futurs tueurs-tueuses. Babylon engendre des victimes autant que des tueurs-tueuses. Babylon est terrible, Babylon est le monde de Belzébuth. Tu recherches le diable ? Va chez Babylon, tu le trouveras à chaque carrefour, tu le trouveras à chaque coin de rue, tu le trouveras dans certains cœurs des humains mangeurs de sang. Autrefois les gens de la ville partaient à la chasse aux sorcières dans les campagnes, curetons, juges de paix, et blaireaux et compagnie, partaient en croisade contre les petites gens de la campagne. Si tu avais le malheur d’être né roux et rousse, tu étais catalogué de sorcier et sorcière, destination finale le bûcher. Idem pour les enfants. Si tu étais basané ou noir, tu étais forcément un criminel ou un voleur, destination la corde ou la boucherie.
BABYLON… BABYLON… BABYLON… TU DÉCONNES !
[Posté samedi 30 août 2008, 11H06] Quoi de plus cool que de se lever le matin, se diriger vers la porte d’entrée, ouvrir cette porte qui sépare de la liberté. Chaque matin, je prends un véritable pied en me retrouvant dans mon univers : « Le jardin ». Mon jardin n’est pas immense, quoiqu’il soit assez grand pour moi tout de même. J’aime y aller quand le soleil n’est pas encore levé, mais qu’il y a quand même une douce lumière, j’aime quand il n’y a pas de bruit, juste le chant des feuilles des arbres bercées par une brise légère. J’ai appris à aimer le bavardage des poulettes en face de chez moi, j’aime entendre le chant matinal des oiseaux partant à la chasse aux insectes pour nourrir leur petite famille. À Zion, j’ai appris à écouter autre chose que le vacarme des grandes villes. Ici, il règne un calme non pas plat ou de mort, il règne une « Ambiance de Sérénité Natural Mystique ». Moi perso je kiffe !
Je suis né en ville, y ai vécu 37 ans, j’en suis parti définitivement. Depuis, j’habite dans le sud-ouest pas loin de Bordeaux, ancien port de négriers, ce que tous les Bordelais et Bordelaises omettent de discuter voire même d’admettre. Bon, quittons Bordeaux et le centre ville, allons à la campagne, là où l’air est meilleur, là où le silence remplace les mouvements de Babylone.

Pour des raisons de tranquillité, je ne citerai point le nom de mon village, on va l’appeler ZION. À gauche par la route c’est vers chez-moi, allons-y ! Premier indice, il y a un énorme toutou qui te mate l’air de rien, soit il sera accueillant, soit il te gueulera dessus, normal c’est un chien il fait sont boulot de chien. Bon comme tu es avec moi, le chien te renifle et te laisse entrer chez lui dans le Jardin, il cherchera à t’impressionner, et toi franchement tu vas pas jouer au fier, car même si tu es un chaud, tu te retrouveras face à 60 kg de muscles montés sur ressorts lol, et puis avec une mâchoire de 2 tonnes de pression, inutile de jouer au chaud lol tu ne fais point le poids. Bon allez, assez bavardé, je t’installe sous l’arbre à l’ombre, bah oui t’as chaud c’est normal, nous sommes dans le sud-ouest de la France.
Bon, donc tu t’installes au frais sous le gros hêtre je crois, le chien te tenant compagnie, il se postera soit devant toi à quelques mètres pour te mater comme une proie potentielle, hé ouais man là tu es chez lui, c’est lui le maître du jardin. Soit il sera posté derrière toi t’observant, épiant tes moindres faits et gestes. Il ne viendra pas te chercher querelle car il sait qu’il est supérieur à toi, il est juste là pour te mater, c’est sa façon à lui de faire connaissance avec toi. Bien sûr, tu peux jouer le téméraire, outrepasser tes peurs, et l’appeler, tenter de l’amadouer, il va alors te mater plus intensément dans les yeux. Si tu baisses les yeux, c’est mort pour toi, tu deviendras son jouet préféré. Si au contraire tu soutiens son regard de tueur, c’est gagné, tu l’auras à la bonne et vous devriez être super amis. Mon chien, je m’en sers pas mal pour savoir comment sont les personnes qui rentrent chez moi. Si le chien grogne, tu resteras sur le trottoir. Si au contraire il est cool, alors je te laisse rentrer.
Je t’amène donc de quoi te désaltérer et puis je te présente un spliff de mon cru fait maison, tu joues encore au chaud, tirant comme un abruti sur le spliff pensant que c’est du H. Et là en une demi-fraction de seconde, tu comprends trop tard ton erreur d’avoir tiré comme un petit coq sur la fil rouge. Elle t’a mis une claque, tu ne te sens pas bien, ça tourne autour de toi, tu te dis : heureusement que je suis dans ZION, oui c’est vrai ici au moins personne ne va te stresser davantage, alors tu commences par te détendre, y a pas d’autre moyen, tu t’allonges par terre sur le gazon, et tu fermes les yeux, et tu pars très loin dans tes folles pensées. Quand tu ré-ouvres les yeux, tu te retrouves toujours allongé sur l’herbe, avec le toutou qui dort aussi à coté de toi, tu es bien ! Tu as bien dormi, même si tu n’es pas venu pour cela, le spliff de weed rouge t’a décalé, il t’a fait un semblant de bien, et c’est très bien !

Tu te lèves et tu te diriges vers la maison, pas besoin d’ouvrir la porte d’entrée car elle est tout le temps ouverte surtout en été. Tu reconnais le son d’un tom basse, d’un charley, de la caisse claire, tu te diriges vers ces sons, pisté toujours par le chien qui te surveille tout cool : Que fais-tu dans la maison de mon Maître ? Plus que jamais le chien va te surveiller, car là tu es en terrain dangereux, mais tant que tu resteras tout cool, le chien ne te fera rien du tout. Il y a une porte, tu l’ouvres et tu rentres, refermant derrière toi, empêchant de laisser rentrer le chien, pas grave il t’attendra derrière la porte. Là, tes yeux font le tour de la pièce musicale, eh oui tu te trouves dans mon studio musical, personnel et commun en même temps. Tu me vois taper la batterie, je te vois et je te souris, je te propose d’aller te passer de la flotte sur le visage, tu dis non à cause du chien, mais j’insiste et vais même avec toi pour te donner une serviette propre pour toi. Et puis je te propose de jouer avec moi, par chance tu es un ou une sicos, super tu joues de la basse, quelle aubaine, basse-batterie ça le fait bien, on délire bien ensemble, on fait tout ce qui nous passe par la tête, funk, rock, soul, bossa, roots, dub, et même sons indéfinissables, on s’en fout on est bien ! La journée se passe tranquille, nous avons faim, je prépare a manger I-TAL food, toi tu manges de la viande, eh bien pas cette fois, ici no viande, ici à part le toutou personne ne mange de la viande rouge, poulet oui, mais rien d’autre en viande. Je prépare la cuisine, tout est cool, on discute de tout et de rien.

Il est 20 heures, il fait encore jour, tu ne penses même pas à rentrer chez toi, façon tu peux plus, ici c’est ZION, plus de car ou de train pour la grande ville. Babylone tu ne nous manques pas ! Nous mangeons de bon cœur, toi, moi, eux, nous, qu’importe le nombre de personnes, il y aura à manger pour tout le monde. Et puis la nuit tombe, pendant que tu comatais dans le jardin j’ai préparé pour toi ton lit dans une chambre à côté de la mienne, bon moi je dors dans le salon là où il y a le son et la téloche que j’allume uniquement tard le soir pour m’endormir. Tout est calme, on est à la campagne, on n’a pas envie de dormir, alors je te propose un thé au coco à boire chaud à la fraîcheur de la nuit, nous sortons, assis sur les marches de la casa ou assis sur le gazon là où tu as eu ton premier dodo nous buvons notre thé avec ou sans paroles, peu importe nous sommes bien, tout est cool paisible calme, je fais tourner le spliff, ton bras se tend mais tu sais à quoi t’en tenir avec le spliff, tu vas être plus raisonnable à l’avenir. Et après une ou deux heures nous décidons d’aller nous pieuter, car la fatigue se fait sentir, chacun va dans sa chambre et finit par s’endormir sans aucun mal.

Moi, le lendemain, je me lève tôt, car je ne veux pas rater le spectacle du soleil qui se lève sur nos têtes et nos toits. C’est l’un des plus jolis spectacles que Jah nous donne depuis la nuit des temps. Je prépare vite fait le kawa ou ce que tu aimes prendre à ton réveil. Si tu veux prendre ta douche, il y a de préparé pour toi tout ce que tu a besoin pour te faire beau ou belle, je t’invite à venir voir le spectacle si tu es réveillé, et là tu saisis pourquoi je kiffe ZION, tu n’en reviens pas toi-même, et tu crois aujourd’hui à l’existence supérieure d’une force naturelle. Tu étais bien hier, tu es bien aujourd’hui ! Ah que la vie est plaisante à vivre dans ZION la belle, dans ZION la grande, dans ZION la merveilleuse.

[Posté mardi 2 mars 2010, 9H24] De par ma couleur de peau, ça ne fait aucun doute je suis black man ! Mais avant tout je suis un Africain et ma vraie terre sera donc Mama Africa. Pour l’instant, je ne connais de Mama Africa que le nord. Mais je me suis toujours juré qu’un jour j’allais aller dans l’Afrique noire pour enfin me sentir vraiment chez moi. En vérité, avant d’être Africain, je suis tout d’abord un terrien vivant ou essayant de vivre sur une planète polluée.
Bon, revenons à Mama Africa. Jusqu’à maintenant je ne savais pas où aller en Afrique parce qu’il y a la guerre à peu près partout. Toutefois, il reste des régions non polluées par la connerie humaine. Des lieux où règne encore et toujours la paix. C’est l’une de ces régions que je veux aller visiter. Un ami à moi qui me veut du bien me disait que pour aller en Afrique cela coûtait bonbon, que les hôtels sont en général axés pour les Blancs et que c’était plus cher que je me l’imaginais. Je m’en fous des hôtels des Blancs car moi je ne veux pas aller chez les Blancs. Je compte aller chez l’habitant où je me sentirai vachement mieux. Je veux faire un safari photo au Kenya, me retrouver au milieu des animaux et de dame Nature, je n’en peux plus de vivre en France pays de barjots en tous genres lol. J’ai grand besoin de me retrouver parmi les miens, les black man, les Africains. Comme je suis en rémission [d’un cancer colorectal], je veux me purifier en Afrique, connaître enfin mes ancêtres et la terre de mes frères et sœurs. Donc, je vais m’offrir un voyage là-bas. Est-ce que je reviendrai après ? Ma fois si je peux rester sur place je ne vais pas me gêner franchement, suffit d’avoir je suppose le passeport et un peu de thune pour vivre sur place.
Sinon, je suis originaire de Madinina, mais avec eux j’ai un peu de mal, la mentalité a été salie par les z’oreilles qui se sont encore accaparés la terre qui ne leur appartient pas. Je ne peux vivre en Martinique parce que c’est beaucoup trop sale, bétonné dans tous les coins et puis le pays est sous tutelle de la France ! Bah ça pue, çà ! Je regrette que les Antillais refusent leur émancipation comme pour les îles anglaises. Les blacks antillais sont heureux de leur petit statut de Français, ils ne veulent pas se retrouver pauvres. Là, ils jouissent de l’euro, ils préfèrent encore la thune, quitte à rester semi esclaves toute leur vie. Je suis déçu de leur mentalité de faux nègres. Car qui ne tente rien n’a rien.
[Portrait d’Africain par Lutfi Jakfar]
Jeudi 28 mars 1996. Aujourd’hui la vie est difficile à vivre si on n’a pas des revenus stables. Après une discussion animée avec Daniel au téléphone où je lui disais que désormais je n’attendrais ni ne demanderais plus rien à eux ni à personne d’autre sur le fric, je suis conscient que si je devais ralentir mes dépenses, je devrais commencer par ne plus investir dans le H ni même dans l’herbe ni dans tout ce qui touche de loin ou de près aux plaisirs, pourtant je suis conscient que l’homme est à la recherche du bonheur, donc qu’il a des attentes et certaines attentes peuvent passer par la drogue, résultat pour pas dépenser trop je ne dois plus me faire plaisir et dans un an à ce train-là je me fous en l’air car je trouverai la vie fade.


Dimanche 31 mars. La vie que je mène actuellement ne me va pas, j’en reviens toujours au même problème, l’argent. Il y a certainement un pays ou une région dans ce monde qui se fout de l’argent ? Ça doit être une tribu ancienne qui vit dans une quelconque forêt au bout du monde, un lieu saint et un lieu sain où il n’y a pas besoin, pour être bien, de l’argent, ça doit exister certainement. Je suis conscient que je n’ai pas ma place dans ce monde de pouvoir et d’argent, le problème c’est que je ne sais pas où est mon monde exactement. J’ai peur de dire cela, mais je ne crois pas que je pourrai trouver mon idéal ou même me trouver par moi-même. Tout à l’heure, je voulais tout laisser tomber, tout laisser choir, tout quitter et ne rien emmener avec moi, partir pour une vie meilleure et laisser tout derrière moi pour ne jamais revenir.
J’en ai aussi marre de faire du mal à mes amis, Daniel qui crève chaque jour un peu plus de me voir toujours dans mes problèmes, il me dit souvent qu’il aimerait que mes problèmes s’arrêtent, que je sois enfin heureux. Je sais qu’il est sincère pour ce qu’il me dit, mais la vie l’a décidé autrement. Rodolphe aussi voudrait que mes problèmes arrêtent, ce sont bien les seuls à être encore intéressés par moi.
J’ai oublié ce que voulait dire être heureux, bonheur, plaisir, rire, espoir, envie. Je ne côtoie dans ma vie que la tristesse, la solitude, l’ennui, les malheurs, la souffrance, le désespoir et l’envie de tout arrêter. Est-ce pour cela que mes parents m’ont mis au monde ? De leur plaisir de faire l’amour est sorti un être qui ne comprend pas ce qu’il lui arrive et qui a toutes les peines du monde à faire sa place dans ce même monde.
Un jour, je serai enfin libéré de toute cette souffrance, je ne sais pas encore comment je serai assouvi, mais là n’est pas ma question. Ma question est : qui suis-je ? Et où vais-je ? Et qu’est-ce que je dois faire pour être mieux ? Voilà les trois questions qui me préoccupent désormais. J’ai fait un pacte d’honneur avec Daniel pour ne pas baisser les bras trop facilement, mais à quoi bon persister, pour moi il est déjà trop tard, enfin je le crois mais je ne l’espère pas.
Demain est un autre jour, une autre semaine, un autre mois, si je dois vivre encore longtemps autant que ça soit dans de bonnes conditions. Et si je pensais à moi avant de penser toujours aux autres, et si je me faisais du bien à moi avant de penser toujours aux autres, les autres que je mets dans le même sac, sauf ceux et celles que je respecte parce qu’ils ne m’ont pas montré du doigt. Je peux les compter sur mes deux mains. Mais tous les autres comptent-ils vraiment pour moi ? Et est-ce que je compte vraiment pour eux ? Certainement pas, c’est d’eux que je dois me libérer et ne plus avoir honte ni leur rendre de comptes. Est-ce qu’eux-mêmes m’en rendent, non que je sache.
Je suis à la recherche du bonheur et du repos, aussi du plaisir sans limite. Alors pourquoi je ne le fais tout simplement pas, rien que pour moi et les gens avec qui je suis et qui se trouvent bien avec moi, pourquoi je devrais toujours tout gâcher sur un coup de tête, parce que rien ne marche comme je l’ai décidé.